SEBASTIEN, 37 ANS, PROPRIETAIRE D’UN BAR, VENDEUR INDEPENDANT, GIEN

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Il faut que les gens comprennent qu’ils sont maîtres de leur vie.

LA RENCONTRE

J’ai sympathisé avec Sébastien à Gien, alors qu’il m’avait offert une connexion wifi et que je dégustais ma bière du soir. Comme il tient un bar de jour, une fois ce dernier fermé, il a accepté de jouer le jeu de l’interview. Et c’est comme cela que nous avons échangé à bâtons rompus, deux heures durant.

SON UNIVERS

SON PARCOURS DE VIE

Sébastien est né en région parisienne, puis il est arrivé dans le Loiret à onze ans. Ses parents ont divorcé quand il avait quatre ans, avec leurs nouvelles familles ils se sont retrouvés ici. Il a un frère et des demi-frères et sœurs. Ils sont six en tout.

Plus jeune, il a suivi une filière de sport études, il était assez doué en football. Il n’aimait pas l’école, pourtant il avait de bonnes capacités. Alors il a abandonné tandis qu’il était en première scientifique. Son père avait une entreprise de fleurs, il travaillait à Rungis. Sébastien l’y a rejoint. Les horaires étaient très durs mais cela lui a beaucoup plu et il a réussi, il est plutôt doué pour le commerce.

Il est ensuite parti faire son service militaire duquel il garde un très bon souvenir. Il trouve dommage que cela ait été supprimé. C’était une belle expérience de vie. Comme il n’a pas pu intégrer la compagnie de Fontainebleau, section de l’armée destinée aux sportifs, il s’est retrouvé à Verdun et a perdu son niveau en football. Il ne l’a jamais retrouvé.

A 25 ans, il a acheté le bar à Gien. En même temps, il s’installait avec la femme avec laquelle il a aujourd’hui un fils de 4 ans. Au départ il visait plutôt un commerce de type enseigne textile, mais les marques ne semblaient pas vouloir s’installer dans le centre de Gien. Alors il a saisi l’opportunité, demandé au culot au propriétaire s’il voulait vendre. A l’époque le bar ne marchait pas trop, il a réussi à le relancer. Et ce, malgré l’ouverture de la zone commerciale en 2006 qui a appauvri le centre ville et la crise de 2008. Il me dit qu’on a les clients à son image et qu’il est content d’avoir su éviter les piliers de bar , tout en développant un lien avec les habitués qui représentent près de 80% de son chiffre d’affaires. Il apprécie de voir son bar fréquenté par des personnes de tout âge, de toute opinion politique, des hommes, des femmes. C’est en somme un bar familial.

En 2010, il a découvert la société ACN qui fait du marketing en réseau en s’appuyant sur des techniques de développement personnel. Ils vendent tout à la fois des produits cosmétiques, des abonnements de téléphone ou des systèmes de sécurité. Il m’en parle avec beaucoup d’enthousiasme. D’après lui, les fondateurs sont intègres et les produits excellents. Il a suivi une formation de Darren Hardy qui développe le principe d’effet cumulé : il ne faut pas tout faire d’un coup et rien derrière, mais régulièrement de petites choses qui ont ensuite un effet exponentiel. C’est notamment en appliquant ces méthodes qu’il a pu développer son bar. Le principe d’ACN est celui du réseau et du parrainage, les gens ne sont pas laissés seuls et il y a une entraide. Sébastien a ainsi lui-même parrainé près de 80 personnes. Pour cette activité, il a le statut de VDI (vendeur indépendant). Ce statut mis en place en 1993 par Alain Madelin et d’après lui très intéressant, bien plus que celui d’auto-entrepreneur. Il est possible pour quelques entreprises et permet de cumuler légalement une activité, de bénéficier d’abattements fiscaux, de ne pas changer de tranche d’imposition.

SES ENVIES

De nouveaux projets sont en train de germer dans l’esprit de Sébastien. A terme, il souhaite vendre le bar et poursuivre ses activités dans l’esprit du réseau et de la coopération.

LE MONDE TEL QU’IL LE VOIT

Il trouve que les français ne pensent qu’à eux. En France, les syndicats sont trop puissants. Lorsque des mesures sont prises, il y a forcément des contents et des mécontents mais les syndicats amènent toujours les gens dans la rue. Ils font trop de politique alors qu’ils devraient faire plus d’accompagnement individuel des salariés.

LE MONDE TEL QU’IL LE REVE

L’économiste Paul Zane-Pilzer est un économiste américain qui a théorisé le changement de l’économie vers le quaternaire et le numérique. Il promeut l’autonomie des gens, le travail à domicile. Il faut que les gens comprennent qu’ils sont maîtres de leur vie.

SES IDEES

LE TRAVAIL

Sébastien ne conçoit pas une vie sans travailler. Pour lui, c’est primordial, c’est ce qui l’accomplit . Il me dit qu’au bout d’un mois sans emploi, il tournerait trop en rond.

LE REVENU DE BASE

Le système social français est un des meilleurs au monde mais aussi un des plus fragiles. Il faut pouvoir aider quelqu’un qui en a besoin mais ne pas laisser profiter du système. Il voit certaines personnes, au bar, qu’il dit profiter justement du système. Ce sont ceux qui délibérément ne veulent rien faire, qui prennent une place en crèche pour aller au café plutôt que de chercher du travail.

L’IMMIGRATION

On ne peut pas sauver le monde entier. Si on reçoit quelqu’un, il faut être en capacité de lui offrir une situation humainement acceptable. Sa femme est éducatrice, elle voit des situations très difficiles et il reconnaît que c’est un sujet compliqué. Sébastien est en colère contre ceux qui crachent sur la France, mais ils sont minoritaires, la majorité des immigrés qu’il croise expriment plutôt de la reconnaissance.

LA SECURITE

Avec un bar de jour, Sébastien n’a jamais eu de problème de sécurité. Chez lui, il a bien un système de sécurité, c’est d’ailleurs un des produits de la société ACN. Cela a un côté rassurant, même si en fait, il ne se considère pas comme matérialiste.

L’insécurité, il peut parfois la ressentir dans certains endroits comme le métro. C’est surtout un sentiment, en grande partie lié au matraquage médiatique qui fait peur aux gens .

L’EDUCATION

Chaque personne a sa manière d’apprendre. Le système d’actuel est trop uniforme, il faut que les élèves y rentrent coûte que coûte. Les parents ont aussi un rôle important à jouer dans l’éducation de leurs enfants. Sébastien trouve que la réforme des rythmes scolaires a beaucoup fatigué son fils.

Pour améliorer les choses, il faudrait pouvoir analyser plusieurs établissements, du point de vue des professeurs, parents, élèves, voir ce qui marche et ce qu’il leur manque pour essayer d’arranger les choses.

L’ENVIRONNEMENT, LE CLIMAT, LA COP 21

L’Homme est bête et se détruit lui-même, à petit feu. Il veut toujours plus et tout est basé sur l’argent. Sébastien est inquiet pour les générations à venir si l’on ne fait rien.

LE SYSTEME DEMOCRATIQUE

Sébastien vote à droite et lit systématiquement les programmes proposés. Ses parents sont aussi à droite et à l’extrême droite. Il pense qu’il faut redonner de l’élan à la France.

Il s’intéresse à toutes les élections mais plus particulièrement à la présidentielle et aux municipales. Le changement de Maire à Gien en 2015, bien que restée à droite, a été bénéfique et les premiers changements se voient déjà. Le dernier maire l’était depuis 18 ans, il ne faisait plus rien. Par exemple, alors que Gien est une ville étape de la Loire à vélo, rien n’est développé en centre ville pour les cycles.

 

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