OMAR, 31 ANS, BOULANGER, RÉGION PARISIENNE

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 « On ne donne pas la vie, donc on ne la prend pas ».

La rencontre

En fait, Omar, c’est mon voisin. Il n’est pas besoin d’aller bien loin pour découvrir l’autre. Et il avait tant à dire. Nous avons partagé un apéritif et discuté à bâtons rompus.

Son univers

Son parcours de vie

Omar est de cette deuxième génération, tiraillé entre la France et le Maroc. Il a vécu au Maroc jusqu’à 20 ans puis est arrivé pour ses études en France. Son grand-père s’est battu en Indochine et a mené le reste de sa vie au Maroc. Son père a travaillé durement toute sa vie en France, notamment dans les mines du Nord, dès 1962. À cette époque, il n’y avait pas de chômage. Fils unique, il voulait que sa femme et ses enfants restent au Maroc auprès de ses parents. Et venue l’heure de la retraite et les parents décédés, il les a fait venir auprès de lui. Il ne s’habituait plus vraiment au Maroc. Aujourd’hui c’est entre ces deux pays qu’il vit. C’est l’histoire de ces générations, qui aiment la France, qui aiment le Maroc et à qui on demanderait de choisir.

Ses envies

Omar rêve de partir découvrir le monde avec ses propres yeux, loin du prisme de la télé, des médias. Il veut aller rencontrer les gens. Petit, il avait vu un reportage sur l’agriculture en Allemagne. Fils d’agriculteurs, il rêve d’aller voir les élevages. Il se dit, probablement comme beaucoup, qu’ailleurs la vie serait moins stressante, sans vraiment y croire.

Le monde tel qu’il le voit

L’argent est partout, il régit tous les rapports humains, dirige toutes les vies. La seule valeur qui semble régner est monétaire. Pour lui, le monde est dirigé dans cet ordre : par les banquiers, les politiques et les commerçants. Ce sont les plus riches qui décident de tout. On a trop divisé le reste de la population.

Le monde va de plus en plus mal. On s’entasse, les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres.

Les apparences et a priori sont terribles. Si vous vous faites pousser la barbe, c’est que vous êtes un musulman intégriste ou un terroriste (et pourquoi pas un hipster !).

Le monde tel qu’il le rêve

La liberté est une valeur importante pour Omar. C’est pour ça qu’il ne comprend pas pourquoi on blâme les femmes voilées, alors qu’on ne dit rien à celles qui s’habillent de manière provocante pour aller en boîte de nuit. Il les voit souvent à l’ouverture de la boulangerie. Personne ne devrait se permettre de dire comment l’autre doit s’habiller, quelle barbe il doit avoir, ni juger l’autre sur ses apparences.

Son action

Omar a galéré pour ces études d’informatique. Aujourd’hui il est boulanger, il dirige une équipe. Il travaille dur pour son petit frère, pour que ce soit facile pour lui. C’est sa priorité. Mais son frère, de quoi a-t ‘il envie ? Il joue beaucoup aux jeux vidéo.

Ses idées

L’éducation

Il n’y a plus d’éducation, il faudrait traiter un enfant comme un enfant, un élève comme un élève. C’est une survivance du modèle de sa propre éducation qu’il juge militaire.

Il regrette le temps que passent les jeunes devant les jeux vidéo, souvent trop violents pour leur âge. Et même si le sang rouge a été recoloré en jaune, cela n’empêche pas la violence des images.

Cette violence est d’ailleurs selon Omar la principale raison qui poussent les jeunes à rejoindre l’Etat Islamiste.

Le terrorisme

Pour Omar le terrorisme, parce qu’il ne faut pas parler de Djihad, relève de quatre facteurs :

– La violence des jeux vidéo ;
– La nécessité de vendre et d’écouler les armes pour l’industrie de l’armement ;
– La volonté des pays occidentaux de déstabiliser la zone pour s’accaparer les ressources pétrolières ;
– L’histoire de ces pays, qui a toujours été marqué par les intégrismes et les violences.

Il cite une phrase du Coran : « On ne donne pas la vie, donc on ne la prend pas ».

Le revenu de base

Omar connait le revenu de base. C’est ce que Kadhafi appliquait, en octroyant 300 € par mois par personne de la naissance à la mort.  Mais Kadhafi est mort et ce principe avec. En Europe, cela pourrait marcher, mais il faudrait que ce soient les pauvres au pouvoir, et ça on en est loin. La question du financement se pose aussi. Or, pour financer, il faut des entreprises localement. Et nos dirigeants ne font que sortir l’argent et les entreprises de l’Europe, en délocalisant. Pour Omar, nos Etats gaspillent beaucoup trop en intervenant sur des conflits qui ne sont pas les nôtres, comme au Mali.

Le système démocratique

Omar n’est pas français, il ne vote pas. Mais s’il le pouvait, il regarderait les arguments des uns et des autres. En même temps, il a l’impression que tout en ayant du choix, il n’en n’a pas vraiment.

Europe-écologie-les-verts

Pour lui les verts sont pauvres, c’est un parti peu important, pas uni. Leur combat n’est pas visible. Pourtant ils ont du travail, il faut qu’ils agissent pour faire fermer les vieilles centrales nucléaires. Il a entendu parler du survol des drones au-dessus des centrales, ça l’inquiète. La pollution de l’air l’alarme également. Il ne comprend pas pourquoi le gouvernement n’a pas pris la responsabilité d’interdire la circulation des voitures alors qu’il y a avait un vrai risque pour la santé humaine. Les solutions des verts ont l’air simples et pleines de bon sens. Mais il n’est pas certain de la sincérité de ceux qui les portent.

Il a l’impression, qu’en France, on attend des drames pour agir.

 

  2Commentaires

  1. Moi   •  

    Il y a des coquilles dans ce texte (phrases incorrectes et phrases non complètes), comme si le texte avait été coupé sans relecture, c’est dommage parce qu’il y a des débuts de réflexion intéressants.

     
    • Marion   •     Auteur

      Bonjour

      Merci de votre retour, je viens de relire le texte, je ne vois pas trop les phrases auxquelles vous faites référence. Pourriez vous me les préciser s’il vous plait ?

      Je vous remercie d’avance.
      Marion

       

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