NADIA, 55 ANS, FEMME DE MÉNAGE, RÉGION PARISIENNE

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La maison, c’est un peu comme un Etat. On y applique une politique, des règles : des horaires par exemple. La maman, elle gère tous les ministères, surtout celui du budget.

La rencontre

Nadia m’a aidé à entretenir mon appartement pendant quelques années. A cette époque ma suractivité professionnelle et associative faisait que son aide m’était très précieuse pour maintenir ce rythme. Quand j’ai décidé de faire une pause et de prendre mon temps, je lui ai dit au revoir. Nous avons échangé une dernière fois.

Son parcours de vie

Nadia est née en France en 1960. Elle a grandi au sein de sa famille, comme dans un petit cocon. A 24 ans, elle ne connaissait pas grand-chose en dehors de cette sphère. On lui a proposé de rencontrer un garçon d’Algérie, si ça collait, elle pourrait l’épouser. Elle a dit oui pour faire plaisir à sa mère. Les fiançailles ont duré un an, puis ils se sont mariés et ont eu deux enfants. A la maison, ils avaient toujours manqué de tout. Aujourd’hui Nadia est fière du chemin parcouru. Son fils ainé est inscrit en faculté de médecine. Parfois, elle fait le vide, son esprit s’échappe, elle est ailleurs, comme si au fond elle aurait souhaité une autre vie tout en étant fière de celle menée.

Ses sujets d’intérêts

Le travail

Lorsqu’est venu le temps de travailler, à son époque, on ne se posait pas vraiment la question de l’orientation. Elle a gardé des enfants, s’est occupée de personnes âgées, fait des ménages. Pendant une dizaine d’années, elle s’est arrêtée de travailler pour élever ses deux garçons. Lorsqu’elle a repris une activité salariée de ménages, elle était contente, cela lui permettait de rencontrer des gens et d’affronter sa timidité. En même temps, elle se trouvait confrontée au racisme quotidien duquel elle avait été assez préservée lorsqu’elle était femme au foyer. Dans le bus, chez les commerçants, elle ressentait les regards. Elle aurait aimé être assistante sociale.

Son mari a offert à ses enfants une semaine à l’hôtel Sheraton, en Algérie. C’était leur cadeau pour leur réussite dans leurs études. Il voulait leur donner envie de progresser pour pouvoir se payer des choses.

Le revenu de base

Nadia trouve le revenu de base est une mauvaise idée car cela ferait un appel d’air à l’immigration.

L’imigration

Il n’y a pas assez de contrôles aux frontières, c’est pour cela que les attentats sont arrivés. Même si c’est normal que les étrangers en souffrance veuillent venir en France, Nadia se demande si cela n’empêchera pas ses enfants d’avoir du travail à l’avenir. Il faut aussi que l’on s’interroge sur notre capacité à loger, soigner et intégrer par l’école. Il y a une image idyllique de la France qui est véhiculée par la télévision et sur Internet.

Nadia est pour le droit de vote des étrangers, s’ils payent des cotisations et des impôts, ils doivent avoir ce droit. Ses parents ne l’avaient pas. Pourtant l’Algérie était encore française au moment où ils ont émigré.

La religion

La religion est une chose nécessaire pour Nadia, quelle que soit celle qui est pratiquée, elle constitue un cadre et un but dans la vie, qui ne doit pas être seulement une souffrance. Elle est musulmane, cela fait partie de ses racines, c’est ce qui lui permet de savoir d’où elle vient et où elle va. Quand elle prie, elle sait si elle va être entendue ou pas, en fonction de ce pourquoi elle prie. Elle considère que les trois religions monothéistes, l’Islam, le Judaïsme et le christianisme sont très proches. Dans toutes les religions, il y a des choses à prendre et à laisser. En revanche, les sectes, qui prennent de l’argent ne sont pas une bonne chose.

L’éducation

Nadia regrette qu’il n’y ait plus de suivi, de relations entre les parents et les professeurs tout au long de l’année scolaire, pour discuter de l’orientation par exemple. Elle a l’impression que les parents ne sont sollicités que lorsqu’il y a des grèves ou que les enfants font des bêtises.

La publicité

Nadia ne fait pas attention à la publicité, elle ne se considère pas influencée dans ses actes d’achat. Du coup, cela ne la gêne pas.

L’alimentation et l’agriculture

Tous les samedis matin, Nadia va faire ses courses dans son quartier, en voiture. Elle choisit des produits locaux et de saison. Elle sait bien gérer son budget, en fonction des promotions, elle fait des stocks. Elle achète aussi les marques du magasin, c’est moins cher. Elle dépense 60 € par semaine, hors viande, pour nourrir les quatre personnes pendant une semaine. La viande, c’est environ 50 € par mois. Elle, elle n’en mange pas. Les enfants, si : des tranches de dinde, des lardinettes. Ils aiment bien aller au Quick Hallal d’Argenteuil. Les légumes, ce n’est pas trop leur truc. Avant, Nadia cuisinait beaucoup, maintenant de temps en temps, elle s’accorde le congélateur.

Elle n’était pas informée du projet de centre commercial à Gonesse. Elle trouve que c’est n’importe quoi, que l’agriculture « fout le camp » en France.

La famille

La maison, c’est un peu comme un Etat. On y applique une politique, des règles : des horaires par exemple. La maman, elle gère tous les ministères, surtout celui du budget.

Le système démocratique

Nadia vote à chaque élection, pour montrer l’exemple, même si à la maison, on ne parle pas politique. Son fils, maintenant majeur est également électeur. Pourtant elle pense qu’en politique, tout le monde veut s’en mettre plein les poches. Ce sont les hommes politiques qui ont mis la France en crise.  Au final, elle vote surtout pour faire barrage et parce qu’elle pense à la planète.

Elle aimerait voir une mère de famille la représenter. Elle ne savait pas que Cécile Duflot a 4 enfants.

Elle ne s’intéresse pas vraiment à la vie de son quartier. Elle n’a besoin de rien à ce niveau. Ce qui compte c’est sa famille et son chez soi.

Le front national

Nadia s’inquiète de la montée du FN. Son grand-père a été torturé en Algérie par Jean-Marie Le PEN. Elle ne pourra jamais les soutenir.

Europe-écologie-les-verts

Aux dernières élections, Nadia a voté EELV. Elle pense qu’ils peuvent redresser certaines choses et s’intéressent vraiment aux citoyens.

 

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