LUCAS, 21 ANS, Z, ETUDIANT

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Les choses peuvent changer, à condition de penser l’alternative. Il ne croit pas au communisme et trouve que la limite actuelle de la politique est de ne pas vouloir inventer des organisations nouvelles.

La rencontre

Lucas était au chalet de l’association de bourses de voyage Zellidja, ce week-end du mois d’octobre. Comme tous les jeunes à qui j’ai fait part de mon projet, il a été enthousiaste à l’idée de partager avec moi un bout de ses envies et de ses réflexions.

Son univers

Lucas est séduit par les idées anarchistes et la perspective d’une révolution, mais il ne s’attache à aucun mouvement et ne se définit pas à proprement parler comme anarchiste ou révolutionnaire. Il aime son univers varié, ses amis ont globalement tous une conscience politique, ils aiment débattre en échangeant leurs opinions.

Ses envies

Lucas n’est convaincu de rien, mais il réfléchit beaucoup sur ces incertitudes, sur son déterminisme familial. Aujourd’hui ce dont il a le plus envie, c’est de relations, rencontres et échanges.

Le monde tel qu’elle le voit

Lucas a une vision assez négative du monde dans lequel il engage sa vie. Il trouve que les sociétés s’appauvrissent de l’intérieur. Le capitalisme est la source de ces maux, il engendre un individualisme et un égoïsme exacerbé. Les médias sont aussi coupables de cette société uniforme, qui ne se remet plus en cause. En Thaïlande, il s’est rendu dans des villages isolés, a vu que l’accès internet façonnait la société monde. Mais il s’agit d’un monde où la société de consommation s’infiltre, rendant problématiques la gestion de ces flux de consommations et notamment des déchets.

Le monde tel qu’il le rêve

Lucas revendique son optimisme. Les choses peuvent changer, à condition de penser l’alternative. Il ne croit pas au communisme et trouve que la limite actuelle de la politique est de ne pas vouloir inventer des organisations nouvelles. C’est donc à la société, aux gens d’aller vers l’inconnu. Il n’est pas nécessaire que le changement se réalise de manière brutale, il doit avant tout se définir collectivement. En somme, il faudrait une révolution basée sur toutes les alternatives qui sont en train de se construire. Et pour cela, Lucas se dit que ce serait beau de mourir sur une barricade.

Son action

Pour le moment, Lucas ne s’est pas engagé à proprement parler et il réfléchit à la meilleure forme que pourrait prendre pour lui cet engagement. Ce dont il est certain, c’est qu’il a une peur viscérale de l’enfermement au sein de partis, mouvement et associations et du formatage. Il reconnaît toutefois que cet argument est aussi un peu une excuse pour ne pas se lancer. Pour lui, la bourse Zellidja a représenté une aubaine pour élargir son champ de pensée autour du projet qu’il avait construit.

Ses idées

Le revenu de base

Lucas est assez perplexe sur l’idée d’un revenu de base universel. Même si l’idée est intéressante, elle ne va pas assez loin. La vraie transformation serait qu’un médecin gagne autant qu’un ouvrier. Et puis, l’idée qu’un PDG touche la même somme que d’autres personnes l’embête . Enfin, Lucas ne voit pas pourquoi seuls les Européens pourraient bénéficier de ce système. Il a une approche universelle.

Le système démocratique

Lucas, avant même d’être en âge de voter, était contre les élections. Mais il a quand même voté pour la première fois aux présidentielles de 2012, d’abord pour Mélenchon puis pour Hollande. Il me dit qu’il ne revotera plus pour des élections présidentielles. Il a glissé un bulletin pour les législatives et les municipales mais s’est abstenu aux européennes car il pense que le parlement européen n’a aucun pouvoir. A chaque élection, il se réinterroge et son vote est plus guidé par ses réflexions que par les candidats qui se présentent. Les partis politiques sont une catastrophe absolue. L’UMP, comme le PS n’ont de vues que pour le pouvoir, aucun projet politique. Ces structures devraient être supprimées . Pourtant, Lucas ne sait pas par quoi, il a l’impression que cette question le taraudera toute sa vie. C’est comme si, lui aussi se jugeait formaté, il se sent mal à l’aise avec un système majoritaire, il a le sentiment qu’il préfèrerait un système basé sur le consensus et la démocratie participative directe. Ce qu’il en a perçu pour le moment, notamment au travers des quelques expériences réalisées, s’intègre dans un système représentatif. Or, Lucas pense qu’il faut que nous arrivions à penser  un système totalement différent.

Europe-écologie-les-verts

Pour Lucas, les problèmes environnementaux actuels ne s’expliquent que par le capitalisme. La stratégie de l’écologie politique, qui tente d’avancer en ménageant ce capitalisme est une perte de temps . EELV n’est pas suffisamment ambitieux et son action lui apparaît comme insignifiante.

Il trouvait Daniel Cohn Bendit fascinant, aujourd’hui il l’énerve. Il a beaucoup apprécié Eva Joly durant la campagne de 2012 et trouve regrettable qu’elle ait été détruite par les médias. Pour lui, c’est parce qu’elle était très engagée socialement. A l’inverse, Lucas a une image négative de Nicolas Hulot, mais lui aurait prédit un très bon score, s’il avait été désigné pour la campagne des présidentielles.

Ses références et dernières lectures

Ils ont 20 ans et ils sont militants, article de l’Humanité

 

 

 

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