LEA, 22 ANS, ANIMATRICE, SUD DE LA FRANCE

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La rencontre

J’ai rencontré Léa une journée pluvieuse, de celles où les éléments vous imposent leur rythme et changent vos plans. C’est ainsi, à l’abri des gouttes, dans un camping familial de l’Hérault, que nous avons commencé à discuter.

Son parcours de vie

Léa a 22 ans, elle vit près de la mer, entre Montpellier et Sète, avec son ami depuis 6 ans. Si elle a commencé des études de pharmacie, elle s’est finalement rabattue sur un autre choix, le travail auprès des enfants qui avait, d’une certaine manière, plus de sens pour elle. Elle est employée comme animatrice dans une école maternelle. Au-delà, ce qui la passionne, c’est la danse salsa. Elle rêverait d’en faire son métier, mais il lui manque un partenaire qui lui permettrait de passer un niveau. Mais son copain ne s’intéresse pas à la danse et serait trop jaloux qu’un autre l’accompagne dans cette voie. Léa s’est aussi fait faire un book, cela lui aurait plu de se faire remarquer comme mannequin. Elle aime bien la mode, comme toutes les filles, mais pas dans l’excès. Si elle n’a jamais fait de bénévolat, c’est parce qu’elle n’en n’a jamais eu l’occasion.

Elle vit dans un chalet en bois, qu’elle a construit elle-même avec son ami sur le terrain de ses beaux-parents. Elle est consciente que c’est une chance et que cela lui permet de démarrer plus facilement dans la vie. Elle m’avoue n’avoir jamais connu de galère de logement ou d’argent.

Ses parents lui ont appris à bien gérer son argent et elle me dit connaitre la valeur des choses, au sens de ne pas dépenser plus que ce que l’on a et de savoir rester dans le réel. Mais l’on a aussi qu’une seule vie, alors il faut en profiter : des équipements pour la cuisine ou l’entretien de la maison, comme cet aspirateur à 600 € issu du téléachat, mais c’est de la qualité. Elle achète aussi pas mal d’habits, de marques pas chères ou parfois, pour se faire plaisir en certaines occasions, de belles marques. Elle est heureuse avec ce qu’elle a et me dit qu’elle ne saurait pas ce qu’elle ferait si elle gagnait au loto. Mais en même temps qui n’aimerait pas avoir plus ?

Ses idées

Le travail

Pour Léa, le travail c’est la santé. Et elle aime le sien, en tant qu’animatrice en maternelle, parce qu’il a une dimension humaine forte avec beaucoup de valeurs de partage.

Elle reconnaît que tout le monde n’a pas cette chance et que tous les emplois ne se valent pas.

Le revenu de base

Si Léa disposait du revenu de base, elle s’en servirait pour voyager, partir en week-end ou faire les magasins. Elle en profiterait un peu en somme, même si elle trouve qu’elle profite déjà bien et n’a pas à se plaindre. En revanche, elle n’arrêterait pas de travailler. Mais si, pour d’autres, c’était un choix que d’arrêter de travailler, cela ne lui poserait pas de problème.

L’immigration

Il ne devrait pas y avoir de frontières et nous devrions tous être solidaires. Pour Léa, ce sont les religions qui séparent les gens, déclenchent et alimentent les guerres.

L’éducation

Nous parlons de la réforme des rythmes scolaires. Si, dans certaines grosses écoles, cela a été un peu l’usine, là où elle travaille, c’est plus petit et cela se passe assez bien. Léa trouve que globalement il y a de plus en plus d’investissement du monde de l’éducation pour les enfants et que c’est une bonne chose.

La religion

Léa se définit comme athée mais spirituelle. Elle croit en des choses que l’on ne voit pas au premier abord, sauf à y être attentif. Dans la vie, les gens te montrent parfois des chemins, après c’est à toi de savoir prendre une décision. Il faut savoir les écouter, tout en restant maître de son destin.

Le féminisme, les valeurs féminines

L’égalité entre les femmes et les hommes n’existera jamais, même s’il la faudrait. L’homme c’est l’homme et certains métiers sont encore inaccessibles pour les femmes. Pourtant les femmes font beaucoup plus de choses que les hommes : elles s’occupent des enfants tout en travaillant et devraient être au même niveau salarial.

L’alimentation et l’agriculture

Léa fait ses courses au « drive », elle trouve que c’est un bon système car cela permet de prendre le temps de réfléchir à ce que l’on dépense.

Dans son village, il y a un très bon boucher, elle essaie d’y acheter la viande et d’avoir recours à de petits producteurs. Pour les légumes, elle a de la chance de pouvoir bénéficier du potager de ses beaux-parents.

L’alimentation est quelque chose d’important dans la vie de Léa, elle fait deux heures de sport par jour et fait très attention à ce qu’elle mange. Si elle adore manger, les impératifs qu’elle se fixait l’on aussi amener à se priver. Elle a oscillé entre des phases d’anorexie et de boulimie, aujourd’hui cela va mieux.

L’environnement, le climat, la COP 21

Léa essaye au maximum de manger bio, même s’il faut les moyens. Elle aime beaucoup la nature. C’est important de la préserver, insuffisamment de gens le prennent en compte. Il n’y a qu’à voir le nombre de papiers jetés n’importe où.

Les sciences et la technologie, la notion de progrès

La société fait qu’on oublie les enjeux environnementaux, l’électronique dépasse toutes les autres problématiques. Pour sa génération, cela va être difficile voire impossible d’aller contre. Léa ne sait pas si c’est vraiment un mieux. On a tendance à moins vivre l’instant présent, en utilisant les réseaux sociaux au cours de soirées entre amis par exemple. Cela peut amener à rester chez soi plutôt que de sortir. Mais c’est aussi une opportunité de faire de nouvelles rencontres.

La famille

La famille est une chose très importante pour Léa, même si elle n’a pas encore de désir d’enfant. Ses parents ont divorcé quand elle avait deux ans, elle en a beaucoup souffert et a un peu de mal à se projeter dans le mariage. Pourtant, c’est bien sa famille qui sera prioritaire, elle a beaucoup été déçue de certaines amitiés.

Le système démocratique

Léa vote mais reconnait qu’elle s’y intéresse insuffisamment et change fréquemment d’avis. Elle pense que c’est surtout le niveau européen qui est important. En 2014, elle a choisi le FN, par reproduction familiale. Mais elle le regrette. Entretemps, elle a rencontré des personnes qui lui ont fait changer d’avis et sa perception sur le monde sur les autres. Aux dernières départementales, elle a voté pour l’UMP. Elle aimait bien Nicolas Sarkozy et pense qu’il pourrait redevenir président. Mais elle n’exècre pas François Hollande, on le critique, mais il fait ce qu’il peut et tout le monde ne peut pas être content. Finalement c’est Marine Le Pen qui lui fait peur, même si elle n’a pas une mauvaise image d’elle, Léa pense que si elle accédait au pouvoir, cela serait un sacré bazar. Pour ce qui est des écologistes, elle ne s’y intéresse pas assez pour pouvoir en parler ou même citer de nom.

Finalement, pour que la politique prenne plus de place, il faudrait en parler plus. C’est un peu comme pour l’histoire, on ne va pas forcément chercher l’information par soi-même.

 

 

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