Le tour de France n’est ni la France, ni le vélo

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On nous présente le tour de France comme un évènement populaire qui valoriserait nos territoires français. Il n’en n’est rien.
Il ne promeut que la compétition, valeur d’un monde qui veut aller toujours plus vite, où les meilleurs doivent user d’artifices pour effacer les autres, tout en mettant leur vie en danger. Or le vélo, dans la réalité, est accessible à tout âge, tout état de santé. Il suffit de prendre le temps et éventuellement d’opter pour l’assistance électrique, le tandem, le vélo enfant accroché, la carriole ou le triporteur !

On nous montre des routes censées représenter la France, mais ce sont des nationales et des départementales, refaites à neuf pour l’occasion, inaccessibles à tout cycliste le reste de l’année. C’est impossible de prendre son vélo pour aller acheter son pain à 3 kilomètres en sécurité, alors on prend la voiture pour en faire 15 et aller au supermarché, tuant ainsi les petits commerces et les villages. A Sauviat-sur-Vige, dans la Creuse, autrefois, il y avait 19 bars, 4 boulangeries, 4 bouchers, etc. Il n’y a quasiment plus rien.

Route défoncée de la Creuse La réalité, quand vous vous voulez-vous déplacer ou vous promener à vélo en France, c’est que vous devez prendre toutes les petites routes défoncées, vallonnées, certes pittoresques mais épuisantes. Il vous faudra aussi être vigilants, car les départements et les communes n’ont plus les moyens de les entretenir correctement. Ils rafistolent comme ils peuvent, avant que tout soit à nouveau défoncé par les énormes tracteurs ou camions qui les empruntent parfois.

En revanche, si vous affrontez cela et que vous sillonnez tranquillement la France au guidon de votre bicyclette, vous découvrirez le bonheur, le plaisir de belles rencontres auxquelles vous accorderez du temps, celui d’une pause café ou déjeuner au bar-restaurant du village. Les riverains ne seront pas parqués dans une foule compacte derrière des barrières happant les échantillons de la caravane, comme des singes attrapent leurs bananes au zoo. Ils seront dans leurs jardins, vous indiqueront votre chemin, la meilleure route à emprunter, vous rempliront votre gourde d’eau fraîche et parfois même bien plus.

La France, celle que les médias devraient montrer, celle que chacun devrait pouvoir découvrir, c’est celle là. Ce sont des paysages splendides, des chevreuils, des lapins, des rapaces que le silence de votre passage vous permettra d’observer. Ce sont des gens, pleins de gentillesse et de bienveillance, bien loin du sentiment d’insécurité que l’on ne cesse de nous insuffler à la télé. J’aime cette France, qui va à son rythme et qui ne se résigne pas.

 

  14Commentaires

  1. Mariana Ferey   •  

    Pas d’accord ! Le tour de France est bel et bien une grande fête populaire,… Il suffit de voir l’atmosphère de fête qui règne à tous les carrefours dans les villes et villages traversés, tous les événements organisés en parallèle, les foules qui acclament les coureurs à l’arrivée, la mise en valeur du patrimoine français grâce aux étapes…
    Alors certes, comme toutes les grandes compétitions sportives, les enjeux financiers sont importants, les sponsors se mettent en avant, différents scandales de dopages ont entaché la course à un moment ou à un autre… Mais ce n’est pas une raison pour cracher ainsi sur l’événement dans son ensemble ! Le toue de France n’est pas le vélo ni la France, mais assurément une vision du vélo, une France, et une course magnifique !

     
  2. Bruno   •  

    Beaucoup trop manichéenne comme vision. Oui le Tour de France est une compétition, et alors ?
    Je ne vois absolument pas l’intérêt d’opposer le cycliste qui va chercher son pain au Tour de France, ou encore d’opposer le bonheur épicurien d’une vision touristique et hédoniste de la France à la compétition et les images montrées par les chaines de télévision pendant le Tour de France.

    Ce manichéisme et cette binarité détruit l’analyse l’intérêt de l’article.

     
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  4. Anne-Lise   •  

    Tout à fait d’accord, le Tour de France ne donne qu’une vision désastreuse du cyclisme, en tout cas pour un grand nombre de cyclistes ! (Les autres se contentent d’admirer l’exploit obtenu à grand renfort de seringues…)
    Et ne parlons pas de la pollution générée par les véhicules suiveurs, des détritus qu’il faut nettoyer… Il y a bien d’autres moyens pour mettre en valeur le patrimoine français que de le survoler en hélicoptère, et de montrer les images à la TV. Lorsqu’on se déplace à vélo, spécialement en groupe, on est sans cesse interpellé en référence à cette compétition, comme si c’était LA référence du déplacement à vélo, comme s’il fallait réaliser un exploit sportif à chaque fois qu’on utilise ce mode de transport. Autant vous dire que si vous avez choisi le vélo pour la lenteur, justement, et le temps qui prend une autre dimension que le “contre la montre”, c’est plutôt triste à entendre.
    Marion, je vous souhaite plein de belles rencontres, et que votre fidèle monture dont la marque commence par un B. ne vous fasse pas défaut jusqu’à Montpellier.

     
  5. Le pixdreamer   •  

    Je suis assez d’accord avec vous. le tour de France c’est beaucoup de pollution sonore, visuelle et médiatique. Je ne sais pas si les coureurs en sont moins méritants pour autant mais, c’est sûr, nous sommes loin du charme des petites routes tranquilles. Nous sommes peu dans cette société là à faire l’éloge de la lenteur. Ces héros là n’ont plus rien d’épiques hélas. Quand à la pauvreté des commentaires de ce genre ” d’événement”…
    Vive le vélo! A bas les sports polluants ( aucune raison d’être tolérant avec l’intolérable).
    La bise

     
  6. Marion   •  

    C’est justement cette diversité dans la communauté du cyclisme qui est plaisante. Est cycliste le sportif en pleine compétition, comme une citadine se rendant au travail.
    Je suis également adepte de cyclotourisme, mais je ne dénigre pas le Tour de France, qui fait rêver bon nombre d’étrangers, désirant ensuite venir découvrir nos petites routes françaises et nos cols mythiques.
    Vive le vélo !

     
  7. Fred   •  

    Dommage de mettre en avant de telles affirmations erronées, notamment “des départementales, …, inaccessibles à tout cycliste le reste de l’année”… Mais en vrai, où roulez-vous?

    D’autre part, lire une telle opposition envers les cyclistes du TDF est franchement d’un autre temps.
    Les mentalités ont évolué et aujourd’hui, on peut-être à la fois vélotafeur et membre d’un club cycliste
    dont les entraînements dominicaux ont pour objectif d’aller gravir les mêmes cols que les Pros.

     
    • Marion   •     Auteur

      Bonjour. Ce n’est qu’une perception individuelle des routes que je sillonne depuis maintenant 3 semaines, plus de 700 km entre Asnieres sur Seine et Brive. Et quelques belles frayeurs lorsqu’aucune alternative de routes communales n’est possible. Encore hier entre saint germain les vergnes et tulles quelques dépassement serrés qui m’ont fait de sacrés frayeurs. Vous avez bien sur le droit d’apprécier le tour de France, aimer le cyclisme de route et j’ai aussi le droit de critiquer ce qui m’apparaît avant tout une vaste opération commerciale vide de sens autre que celui promu par ses sponsors et ses caravanes bazardant toutes sortes de produits, finissants pour certains sur les bas côtes avec le reste des déchets des badauds.

       
      • Fred   •  

        Vous pouvez dénoncer l’esprit commercial mais cette compétition sportive cycliste a valeur d’exemple pour nombre de cyclistes français et l’on s’y identifie encore plus du fait que les coureurs pros empruntent les mêmes routes que nous.
        Enfant, j’ai vibré aux exploits de mes idoles et ce qui m’a incité à réclamer un vélo à mes parents.
        Adulte mais modestement, j’ai eu envie d’apprendre à rouler en peloton, de progresser dans les montées, de me dépasser sur les longues distances.
        Je ne renie pas le fait qu’il y ait du danger à rouler à vélo sur les mêmes routes que les voitures mais fort heureusement, avec plusieurs milliers de km chaque année, cela fait bien longtemps que j’ai oublié cette notion.

         
  8. Laure   •  

    Actuellement moi-même en voyage à vélo en France, je suis complétement d’accord avec cet article, particulièrement sur la partie concernant l’état des routes en France et la relation aux gens lorsque l’on voyage.

    Bonne continuation et bonne route !

     
    • Marion   •     Auteur

      Chouette ! Dans quel secteur voyagez vous ? Vous voudriez faire un petit portrait de l’une de vos rencontres ?

       
      • Laure   •  

        Bonjour Marion,

        Je viens seulement de prendre le temps de revenir sur ton blog et vois maintenant ton message.
        Nous avons voyagé à 2 du sud de la France jusqu’en Bretagne. C’était vraiment très chouette !
        Ta proposition me botte bien, peux-t-on en parler en message privé ? Tu as mon mail j’imagine…

        Au plaisir,
        Laure

         
  9. Jonathan   •  

    Je partage complètement ta vision du vélo qui ne colle absolument pas à celle du tour de France. Il faut aussi rappeler le cout exorbitant pour la société d’accueillir le tour de France. C’est une pompe à fric est personne ne s’en indigne. J’entends souvent les gens raler pour payer leurs impots mais ils ne remettent pas en cause ce gaspillage annuel.

    Bon puis, c’est de la triche cette compét ! Entre ceux qui se dopent et ceux qui se font ramener dans le peloton avec la voiture balai… Ridicule !

    Bonne route à toi !

     
  10. stephane   •  

    tout a fait d’accord le tour de france cycliste n’est qu’une mascarade,ça occupe les gens devant la télé pendant le mois de juillet comme cela ils ne pensent pas à à la constitution et toutes les nouvelles lois que passent que nos chers responsables du gouvernement pendant lété,en juin c’est roland garros,en aôut athletisme,vive le sport devant sa télé.

    les voies vertes peuvent être un itineraire mais y’a encore du boulot avant de faire un maillage qui permettra de silloner sans deranger nos amis les automobilistes

     

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