Existe-il une identité commune au Languedoc-Roussillon et à Midi-Pyrénées ?  

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Je me posais cette question avant mon départ en voyage, à vélo sur les routes de France. Midi-Pyrénées dont je suis originaire fusionne avec Languedoc-Roussillon. J’avais la sensation de méconnaître ma région et de ne rien savoir de mes futurs voisins.

Alors tranquillement, avec un petit vélo pliable, après être venue de Paris par le Centre et le Limousin, j’ai traversé l’Aveyron, le Lot, la Lozère, le Gard, l’Hérault, le Tarn, la Haute-Garonne et enfin, je suis retournée dans le Tarn-et-Garonne.

Souvent, je suis passée d’un département à l’autre, voire d’une région à l’autre, sans même m’en rendre compte. La végétation ne pose pas de frontières ou limites administratives, elle évolue progressivement en fonction des sols rencontrés, des influences méditerranéennes ou atlantiques.

A l’heure de l’apogée de la voiture, des distances réduites, je découvrais au rythme du vélo des paysages et des villages, que bien souvent les habitants des deux régions ne prennent pas le temps de découvrir. Contraints au quotidien par les trajets pour se rendre au travail, aller au supermarché ou amener les enfants à leurs activités, il n’y a plus de temps et si peu d’occasions de se rendre dans le village d’à côté ou dans le département limitrophe, de s’arrêter boire un café au bistrot du coin. Avec ceux qui sont pris dans cette spirale, j’ai malheureusement le sentiment d’avoir manqué le rendez-vous.

Mais j’ai aussi rencontré des personnes qui s’inscrivent pleinement dans leurs territoires, bassins de vie et de travail. J’ai discuté avec des hommes et des femmes qui écoutent leur terre pour qu’elle leur offre des jardins d’abondance, qui apprennent l’histoire pour redécouvrir des techniques anciennes, tentant par exemple de refaire vivre les savoir-faire autour des textiles autour de Mazamet, entre Hérault et Tarn. A Saint-Geniez d’Olt, la brasserie prend son élan, exportant la marque locale, participant de l’identité occitane. A Albine, un café participatif à prix libre, le Pachamama ambassade, tente de mettre en relation maraîchers, artistes et créateurs. Entre le Cantal et l’Aveyron, j’ai rencontré un digne représentant du projet de la principauté de Laàs qui va ainsi tenter de redonner un élan à un village du Béarn.

Nous avons parlé politique, puisque c’était l’objectif du projet. Sans aucune hostilité, avec des idées et des projets pleins la tête, nous avons échangé sur l’agriculture, l’éducation, le revenu universel de base et tant d’autres sujets. La totalité des personnes avec qui j’ai eu le plaisir d’échanger a pour point commun une désillusion totale envers les politiques. Qu’ils votent ou pas, ils n’attendent plus rien des représentants élus, ne croient plus qu’en leur propre force d’action au quotidien, de là où ils sont, développant leur propre éthique.

Si l’Occitanie est le socle de la nouvelle région Languedoc-Roussillon / Midi-Pyrénées, il me semble qu’il faudra accepter qu’elle se compose d’une multiplicité de territoires, au-delà des métropoles que sont Montpellier ou Toulouse et qu’il sera du devoir de cette nouvelle région que de s’implanter localement, d’appuyer les initiatives et les valoriser dans son réseau pour favoriser les liens et les synergies.

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