Du 9 au 13 août : dans le sud-ouest, fin d’une aventure, début d’une autre …

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Dimanche 9 août : d’Olargues à Corniou

Le ciel est couvert, l’atmosphère est venteuse, mais il ne pleut plus. Je visite Olargues, cela aurait été dommage de ne pas le faire. A un moment, dans les ruelles escarpées, mon vélo ne peut plus me suivre. Je le laisse dans l’une d’entre elles, contre un mur, en toute confiance, et finis de grimper vers le haut du village et l’ancienne église par de petits chemins. J’erre ensuite pour le retrouver.

Olargues

Olargues, vue sur le pont du Diable

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Olargues

Je reprends la voie verte. La route est monotone, difficile. Cela monte en permanence, le revêtement est sablonneux et j’ai le vent de face. Dans ces conditions, je bats mon record de plus petite vitesse moyenne de mon voyage, atteignant difficilement les 11 km/h. C’est bien de faire des voies vertes, mais encastrées dans la roche et les arbres, la vue est limitée. Il n’y a même pas besoin de regarder sa carte pour trouver son chemin. En somme je m’ennuie.

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Voie verte de Bédarieux à Mazamet

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Voie verte de Bédarieux à Mazamet

En début d’après-midi, j’arrive à la grotte de la Devèze de Corniou et j’en profite pour la visiter. C’est étrange de se retrouver au milieu de cette trentaine de touristes. La beauté de cette architecture souterraine est là pour nous rappeler que le temps à échelle humaine est ridicule. Nous devrions en tirer une certaine humilité. Pourtant, cela n’empêche pas certains de martyriser le site en voulant y laisser leur empreinte, site pourtant déjà bien scarifié et sacrifié pour offrir la possibilité à des tas d’êtres humains de pouvoir s’imprégner de la magie du lieu.

Grotte de la Devèze à Corniou

Grotte de la Devèze à Corniou

Grotte de la Devèze, dégâts humains : le fait d'avoir posé ses mains sur la pierre a entrainé le développement irréversible de champignons.

Grotte de la Devèze, dégâts humains : le fait d’avoir posé ses mains sur la pierre a entrainé le développement irréversible de champignons.

Grotte de la Devèze à Corniou

Grotte de la Devèze à Corniou

Grotte de la Devèze à Corniou

Grotte de la Devèze à Corniou

Je rejoins ensuite David au hameau d’Usclats. Je l’ai rencontré avec Sophie à Monsalvy, dans le Cantal. Ils m’avaient proposé de m’accueillir. C’est ainsi que j’ai choisi de remonter dans les terres de l’Hérault et du Tarn, plutôt que de longer la côte et le canal du midi. Ils avaient raison, je m’y sens bien mieux. Sophie n’est pas là, mais je suis accueillie comme une reine par David. Nous passons la soirée à refaire le monde et son portrait sera d’une richesse incroyable.

Lundi 10 août : de Corniou à Mazamet

Au matin, David me guide dans ses jardins et son atelier. Je découvre d’abord le système de phytoépuration qu’il a mis en place. Je ne pensais pas qu’un système de traitement des déjections humaines puisse être aussi beau et apaisant.

Système de phyto-épuration

Système de phyto-épuration

Il me montre les différentes plantes pastel, garance, dahlias … avec lesquelles il réalise ses teintures végétales. Son potager est magnifique, il faut dire qu’il a aussi été maraîcher bio et fortement investi dans la préservation des variétés anciennes de tomates. Il connaît sa terre, ce qui lui convient. Vient ensuite l’explication de la longue et patiente extraction des pigments et enfin la présentation des étoffes et tapis réalisés. Il est déjà l’heure de déjeuner, je ne sais pas quand je partirai. Je n’en n’ai pas vraiment envie.

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Tomates libérées !

Salade qui monte - Jardin de David

Salade qui monte – Jardin de David

Finalement, nous partons ensemble à Albine. Il y a là un lieu alternatif comme je m’y sens bien. A prix libre, nous y savourons un thé à la menthe et un makrout. Tous les lundis, il y a une exposition et la vente de produits locaux : se mélangent peintures, légumes, bijoux réalisés à partir de matériaux de récupération, conserves et farines.

Il se fait tard, David va me déposer au camping de Mazamet, demain, je dois continuer ma route. Nous profitons d’un dernier moment en savourant les produits locaux du marché nocturne de Mazamet.

Mardi 11 août : de Mazamet à Camaran

Je reprends la route de ma solitude avec une étape de près de 70 km qui va me mener de Mazamet à Camaran. Je longe les contreforts de la montagne noire et profite des derniers paysages escarpés avant de rejoindre la plaine. Je fais la connaissance de deux cyclotouristes, Hélène et Baptiste, de Montpellier. Ils sont avenants, c’est agréable, car sur ces routes du « Tarn à vélo », les cyclistes en mode sportif ne le sont guère et c’est à peine s’ils vous adressent un bonjour ou y répondent.image

On rencontre aussi parfois des scènes assez cocasses sur la route.

L’après-midi est vraiment chaude mais ma peau est à présent tannée et j’ai l’endurance et assez d’eau pour avancer malgré tout.

Le soir mon amie Nina, qui habite à 20 minutes en voiture de Camaran, propose de venir me récupérer. Mais c’est mon dernier soir de solitude et de camping, j’ai besoin de ce moment. Elle viendra fêter mon arrivée, à Labastide.

Mercredi 12 août : De Camaran à Toulouse

La route est droite, facile. La départementale est un peu roulante, mais les voitures globalement respectueuses et je sais à présent y imposer ma place. Après quelques kilomètres je me pose quelques instants près d’un joli lac.

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Lac de Sainte-Foy d’Aigrefeuille

A l’arrivée dans la métropole toulousaine une voie cyclable me met en sécurité. Il est à peine 10h30 quand j’arrive et me pose. J’ai une journée à errer, mais ça me va, c’est ce qu’il me faut pour commencer à dresser le bilan de ce voyage, écrire et préparer la suite. Le soir, je rejoins mon frère et ma belle sœur qui m’offrent le gîte et le couvert pour la nuit.

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Entrée dans la métropole Toulousaine

Jeudi 13 août : Fin de l’aventure, arrivée à Labastide-Saint-Pierre

Dans la matinée, je pars pour Labastide, escortée de mon frère. Encore une fois la chance me sourit et en cette journée orageuse, nous passons entre les gouttes et avons même droit à quelques rayons de soleil. Sur le canal du midi, nous croisons beaucoup de cyclotouristes, mais les échanges restent assez froids. Je suis contente d’avoir décidé de ne pas le remonter entièrement, c’est assez monotone.

Marion et Pierre sur le canal du midi

Marion et Pierre sur le canal du midi

A un moment, nous passons au dessus de l’autoroute, ça me fait drôle, car de là, il faut seulement six heures de voitures pour rejoindre Paris, quand de mon côté, j’ai mis 38 jours. Mais la traversée et les bonheurs rencontrées ont, je suppose, été bien plus grands. Du pont, on ne s’entend même pas parler.

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Pont de l’autoroute A 20 qui relie Toulouse à Paris

Les lieux connus apparaissent. Nous traversons Campsas, village voisin de quelques kilomètres, où je ne suis quasiment jamais allée. Pas d’occasion pour le faire. Si l’arrivée se fait d’abord en petit comité familial, mais avec quand même une ambiance digne d’un passage du tour de France, ce soir ce sera la fête avec la famille et les amis élargis. 1608 km au compteur, ce n’est pas la fin de quelque chose mais le début d’une autre, j’en suis certaine. J’irai discuter avec vous va continuer à vivre et à grandir, avec vous tous.

Lieu dit Naudery à Labastide Saint Pierre

Lieu dit Naudery à Labastide Saint Pierre

Arrivée dans la famille

  1 Comment

  1. Aude   •  

    C’est avec joie que nous avons été invité à fêter hier soir l’arrivée de Marion chez nos voisins. 12 ans bientôt que nous habitons à côté de ses parents et n’avions encore jamais eu l’occasion de la rencontrer. Je comprends mieux à présent cette lumière si particulière qui anime les yeux de son père lorsqu’il parle d’elle… D’entrée, j’ai ressenti une trés forte personnalité, une réelle présence et une chaleureuse approche. Les chiens ne font pas des chats… Marion c’est une boule d’ énergie, un concentré d’humanité. En l’espace d’une soirée, l’espoir en un futur autre renaît ! Ce fut pour nous une petite parenthèse enchantée, unique et douce à vivre. Je viens de lire ton blog et me suis régalée ! Marion, merci de nous avoir convié, continue ton chemin et comme on dit souvent : ne change rien ! Merci pour ta présence et pour toute l’humanité que tu dégages ; ça fait juste du bien.

     

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