Démocratie, y sommes-nous ?

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Je m’interroge beaucoup sur l’état actuel de la démocratie et sur le rapport du citoyen à l’action publique. Au cours de mon voyage au travers de la France et des rencontres, j’ai tenté d’interroger ce rapport entre les français et la politique.

Le système représentatif est clairement en crise. Il y a de l’information, trop et indigeste pour certains, suffisamment pour avoir abandonné l’idée du changement par la politique pour les autres.

Au travers de la vingtaine de personnes avec lesquelles j’ai discuté du sujet, j’ai identifié plusieurs profils de citoyens et de rapports à la démocratie.

Les extérieurs : ils, ou plutôt elles, car il s’agit presque exclusivement de femmes, ne s’intéressent pas vraiment aux questions politiques et leur vote peut évoluer d’une élection à l’autre, ou alors, elles votent par reproduction, habitude. Elles reçoivent de l’information et cherchent à se protéger des « manipulations » mais ne vont pas la chercher. Elles ont une certaine lassitude voire un dépit quant à la classe politique. Elles disent ne plus rien y comprendre. Pour la plupart d’entre elles, il faudrait un accompagnement pour mieux appréhender les clefs de la politique et les véritables enjeux. En attendant, leur vie se concentre sur leurs cercles familiaux et religieux ou leurs projets personnels pour les plus jeunes. Cela concerne la moitié des personnes que j’ai interviewées.

Les engagés abstentionnistes ou en voie de le devenir : ils ont tourné le dos aux partis et représentants politiques auxquels ils ne font plus confiance. Ils ne votent plus ou bien souvent blanc. Plutôt attentifs, ils trouvent dans chacun des propositions auxquelles ils adhèrent et d’autres qu’ils désapprouvent. Ils constatent l’entre soi politicien alors qu’ils attendraient de la politique du concret. Et comme ils ne le trouvent plus dans la représentation, ils agissent au quotidien, dans les luttes ou la construction d’alternatives. Le tiers des personnes que j’ai interviewées sont dans ce cas.

Ceux qui y croient encore : ils sont appliqués, lisent les programmes et sont plutôt fidèles à leurs courants de pensée. Ils perçoivent au local, les actions municipales. Ils ont un profil plutôt modéré et oscillent au centre. Ils ne sont que 10%, en fait deux personnes, dans ce cas.

Ceux qui votent encore sont conscients qu’il s’agit d’un pouvoir éphémère dont ils se dessaisissent aussitôt, au moment même où ils déposent leur bulletin dans l’urne. Pourtant, ils ont exprimé le souhait d’avoir les clefs pour mieux appréhender les enjeux et d’être en mesure de donner plus souvent leur avis. Majoritairement, ils aspirent à un projet construit collectivement, à une vision qui serait ensuite déclinée par des consultations plus fréquentes, auxquelles pourraient contribuer les gens qui s’y intéressent, notamment au niveau local.

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