25 au 29 juillet : entre Cantal et Aveyron ça monte et ça descend

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Samedi 25 juillet : de Monceaux-sur-Dordogne à Saint-Mamet-La-Salvetat

Je pensais à l’origine parcourir cette étape en stop, du fait du nombre de kilomètres et surtout du dénivelé annoncé. Finalement c’est avec volonté que j’attaque et parviens au terme de la longue montée vers La-Chapelle-Saint-Géraud. Le temps est clément, un peu couvert et je poursuis ma route sans grande difficulté. Les paysages sont splendides, j’entame une longue descente vers le joli village de Laroquebrou. Je passe au dessus des lacs de Saint-Géron et parviens au camping « à la ferme » initialement visé.

 

Lac au départ de Saint-Mamet-la-Salvetat

Lac au départ de Saint-Mamet-la-Salvetat

Paysages près de Saint-Mamet-la-Salvetat

Paysages près de Saint-Mamet-la-Salvetat

Dans les sous-bois près de Saint-Géron

Dans les sous-bois près de Saint-Géron

Je commence à me poser un bon moment, avec ma petite bière du soir. Pendant ce temps, les gérants déjeunent, parlent des tarifs de la carte du restaurant, de l’impossibilité de faire des frites maison dont les clients ne sont pas prêts à payer le prix et du goût délicieux de la tarte aux myrtilles industrielle qu’il est préférable de passer au four avant dégustation. Au moment de me laisser conduire jusqu’à mon emplacement, je demande le tarif. On m’annonce 17€ la nuit ! C’est qu’il faut que je comprenne qu’il y a des sanitaires privatifs sur chaque emplacement. Je n’en demandais pas tant, pour un lieu qui s’affiche comme le pionnier de l’agritourisme. C’est que, m’explique le gérant, il y a bien un camp de base, là-haut à la ferme, du temps de ses parents, mais ils n’ont pas refait les sanitaires collectifs et ne l’ont pas ouvert cette année.

Nous sommes loin du temps du camping populaire et de l’accueil paysan !

Je me fais donc indiquer le prochain camping municipal, à Saint-Mamet-La-Salvetat, 10 km plus loin et remonte en selle, pour quelque chose qui me convient mieux, plus sommaire mais à 9€ la nuit. Vive le service public !

Dimanche 26 juillet : de Saint-Mamet-La-Salvetat au Batut

Ce voyage me conforte dans l’idée qu’il faut savoir écouter les signes. La chanson de Muse, « It’s a new done, a new day, a new life and I’m feeling good » s’avère prémonitoire. Ce dimanche, la journée a commencé tranquillement par une discussion avec Anne-Marie, ma voisine de camping (à qui d’ailleurs j’avais pris la place sans le savoir). Elle voyage chaque année trois mois, dans son véhicule utilitaire aménagé, sur les traces de sa généalogie. Elle vient ainsi dans le Cantal et ailleurs, rencontrer de lointain cousins. Elle est intarissable sur un nombre incalculable de villages français. A Lafeuillade-en-Vézie, je croise un cyclotouriste, Guy, parti de Châtenay-Malabry, dans les Hauts-de-Seine. Il est un peu fatigué, il faut dire qu’il enchaîne au moins 100 km par jour, même avec la canicule et a choisi d’attaquer le massif central, du côté de Clermond-Ferrand, le plus escarpé. Mais il ne veut pas prendre le train, donc il va rentrer, comme il est venu, en vélo.

Je décide de faire un crochet par Montsalvy, jolie ville me dit-on. Là bas, toujours au bistrot, je fais la connaissance de Sophie et David, originaires de Courniou les grottes où ils font de la teinture végétale. Ils me déconseillent de passer par la côté, trop bondée entre Montpellier et Toulouse et me suggèrent de passer par les terres, et de faire un stop chez eux. Je vais y réfléchir.

Je poursuis jusqu’au camping, au travers de paysages époustoufflants, dans les gorges, du Cantal à l’Aveyron espérant ne pas tomber sur une escroquerie de camping à la ferme, comme la veille.

Gorges du Lot

Gorges du Lot

J’arrive ainsi au paradis. Le Batut, c’est ainsi que l’on appelle ce lieu, accroché le long des gorges, dans un espace dont on ne soupçonnerait pas qu’il puisse accueillir des hommes et des chevaux. Les petits plateaux de verdures, espaces de convivialité, jouxtent le corps de ferme qui ressemble à la maison d’Hansel et Gretel.

Les Batuts

Les Batuts

La nuit, il sera difficile de retrouver sa tente dans ces méandres. Je me sens libre et sereine. Je dépasse rapidement mes appréhensions et décide de dormir à la belle étoile. Je ressens la plénitude, observant le ciel, le mouvement des nuages et tentant d’imaginer la météo du lendemain. J’entends le souffle du vent qui se lève dans la forêt et avance progressivement jusqu’à venir caresser mon visage. Je perçois le mouvement des feuilles, ombres noires s’agitant sur le fond gris et étoilé. Je suis calme, je suis dans ce tout et c’est ainsi que je m’endors.

Je ne pourrai pas repartir le lendemain.

Nuit à la belle étoile aux Batuts

Nuit à la belle étoile aux Batuts

Lundi 27 juillet : au Batut

Ici, je reste et je ne m’ennuie pas. Le Batut, c’est un lieu de vie et de rencontres.70% d’habitués, et 30% de nouveaux enthousiastes. Les jeunes y reviennent chaque année, en vacances ou pour donner un coup de main avec les chevaux ou à la table d’hôtes. Christian, homme de cheval au caractère bien trempé a fait de ce lieu ce qu’il est aujourd’hui, le retapant progressivement au fil des années.

Centre équestre des Batuts

Centre équestre des Batuts

J’y fais la connaissance de Dominique Loquais, auteur de la chanson du Larzac et de bien d’autres chansons et poèmes, dont il m’offrira le recueil. Avec son épouse, ce sont de grands militants de la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Je réalise le portait de Tom, qui s’est installée dans la principauté de Laàs, dans le Béarn. Il viennent de poser les barrières de douane, ont crée leur monnaie, leur drapeau, blason et éditent même des passeports.

A midi il y a le concert du groupe Malo, dans la grange. Tout le monde tape des mains, s’enthousiasme de ce moment de fête.

Concert aux Batuts

Concert aux Batuts

L’après-midi, je monte à cheval, fais tomber la peur qu’il me restait, pour simplement retrouver les sensations et les odeurs qui emplirent de bonheur mon adolescence.

Réconciliation avec les chevaux grâce à Mickey aux Batuts

Réconciliation avec les chevaux grâce à Mickey aux Batuts

Enfin, le Batut a tout compris, avec un tarif unique de 8€ par personne, je peux m’offrir la table d’hôte et savourer tous les merveilleux plats que nous préparent Cathy et les filles qui aident à la ferme.

Mardi 28 juillet : du Batut à Espalion

Je suis partie ce matin du Batut, sans tristesse, même si c’est un lieu extraordinaire. C’est le destin du voyageur que de poursuivre sa route.

La route, en descente quasiment tout le long du trajet est facile.

Chapelle près d'Entraygues

Chapelle près d’Entraygues

Je traverse encore une ville de président, Estaing. Cela a une autre classe que Tulle. C’est un lieu de passage de Saint-Jacques de Compostelle, c’est très fréquenté et très touristique.

Estaing

Estaing

Je poursuis ensuite jusqu’à Espalion où je vais retrouver ma cousine par alliance qui séjourne en ce moment chez ses parents avec sa petite fille.

J’y passe l’après-midi et fais la connaissance de Jean-Marie, qui illustre les étiquettes des bières « Sabètz que leu … ». Nous discutons beaucoup, de la culture occitane, du festival de Rodez, de la politique et des régionales en Midi-Pyrénées. La soirée se termine ainsi autour d’un bon aligot.

Mercredi 29 juillet : d’Espalion à Saint-Geniez d’Olt

La montée vers Saint-Geniez d’Olt, se fait pour la première fois depuis plus de trois semaines que je suis partie, sous des trombes d’eau. C’est transie de froid que j’arrive. Tout en cherchant la brasserie de la « Sabètz que leu … », je m’adresse au premier camping. On m’annonce 24 €, je suis en colère. A priori, il faut que je revienne vers le camping municipal de Sainte-Eulalie, trois kilomètres en arrière. En allant vers la brasserie, je tombe sur une recyclerie, j’y fais un tour, sans pouvoir rien ramener, mais ça recharge mes batteries. Enfin, j’arrive à la brasserie, nous discutons un peu, avec Carole, qui gère l’entreprise avec son mari. J’apprends que ce soir, ça va bouger à Saint-Geniez car il y a Yannick-Noah en concert. Comme ça m’embête de m’éloigner et qu’elle insiste sur le fait que ça va être très sympa, j’ose lui demander s’ils ne peuvent pas me prêter un bout de jardin, et chouette ils acceptent ! Donc ce soir je pourrais profiter de l’ambiance de la ville, sauf qu’en fait, il n’y en a pas vraiment et que Noah, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé. Je rentre donc toute seule dans le jardin, pendant qu’ils sont au concert …

  1 Comment

  1. Dominique Loquais   •  

    Ravi d’avoir fait connaissance dans l’Aveyron.
    As-tu fait de bonnes rencontres au Larzac ?
    Si tu viens sur NDDL n’hésite pas à nous contacter
    Bonne continuation
    Dominique

     

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