17 et 18 juillet : pleine découverte du Limousin

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Vendredi 17 juillet 2015 : de Soubrebost à Saint Léonard de Noblat

Au petit matin, je descends de Soubrebost. J’emprunte plein de petits vallons pour contourner la nationale. Arrivée à Sauviat-le-Vige, je discute avec le gérant de la supérette, il m’explique qu’ici, avant, il y avait 19 bars, 4 boulangeries, 4 boucheries, etc. Il ne reste plus que 2 bars. Pour lui, tout ça la faute à l’Europe, où plutôt au projet que l’on en a fait. Il est plutôt solidaire avec les Grecs, même s’il pense qu’ils devraient sortir de l’Europe et de l’euro pour montrer aux autres que c’est possible.

Il me tarde d’arriver à Saint-Léonard, sur la nationale, des travaux d’enrobage sont en cours, avec la circulation alternée, ce n’est pas si fréquenté et j’arrive sans encombre, m’accordant même une pointe à 48 Km/h. On voit la différence de moyens entre la Creuse qui rafistole les chaussées et la Haute-Vienne qui refait toutes les routes.

A Saint-Léonard, je traverse rapidement le village et me dis que j’y reviendrais une fois posée au camping. Sauf que ce dernier est 5 Km plus bas et que je n’aurai pas le courage de remonter. C’est un camping municipal le long de la Vienne. Il est très sympa, tout comme les gens qui y travaillent. J’y croise des Hollandaises à vélo qui, parties de Blois, visent Saint-Jean-Pied-de-Port en 3 semaines. L’une d’elles voyage seule. Ce qui est frappant dans tous ces camping, c’est le nombre d’hollandais, anglais et autres européens au regard de la quasi absence de français. C’est quand même dommage de ne pas chercher à connaître son propre pays et de ne pas venir profiter de ces havres de paix qui composent le Limousin.

Le soir, il y a une soirée pétanque, saucisses-frites. Je m’y rends et discute un peu avec les agents de la régie électrique du barrage de Saint-Léonard et l’élu référent. Ils m’expliquent que c’est difficile de maintenir un petit barrage autonome (il ne couvre que 10% des besoins en électricité de la Ville), du fait des normes et des travaux conséquents et du modèle économique. Ils sont d’ailleurs en train de revoir ce dernier et envisagent de passer un nouveau contrat avec EDF. Je leur parle d’Enercoop et du projet citoyen qu’il y a autour. Ils en avaient vaguement entendu parler mais ne les distinguaient pas des autres fournisseurs du marché de l’électricité libéré. L’élu est un ancien d’EDF, ce n’est pas gagné, mais ils iront peut-être se renseigner.

Samedi 18 juillet 2015 : de Saint-Léonard de Noblat à Châteauneuf–la-Forêt

Aujourd’hui, je me dis que je n’ai que 20 km à parcourir et que je peux dormir un peu. Grave erreur que de ne partir qu’à 10h. Il fait déjà très chaud. En plus je pense que le régime lentilles-frites de la veille au soir n’aide pas. Si le démarrage, le long de la Vienne et de la voie ferrée, avec les TER futuristes du Limousin qui y passent tranquillement et les petites gares est plutôt agréable, par la suite, je n’avance pas, ça grimpe, je marche beaucoup.

Passage à niveau entre Saint-Léonard-de-Noblat et Saint-Denis-les-Murs

Passage à niveau entre Saint-Léonard-de-Noblat et Saint-Denis-les-Murs

Gare de Saint-Denis les Murs

Gare de Saint-Denis les Murs

Il fait très, très chaud, avec un orage qui menace depuis 3 jours et qui ne vient toujours pas, lorsque je me pose enfin au camping de la base de loisir de Châteauneuf-la-Forêt. La veille Bernard, que j’avais rencontré à Saint-Sulpice les Feuilles, m’a proposé de me rejoindre pour me faire découvrir sa région d’origine. Ne le voyant pas arriver, je descends faire des courses. Je suis très concentrée en train de calculer le rapport, poids, équilibre alimentaire, capacité de conservation et durée d’autonomie nécessaire quand il surgit d’entre les rayons.

Brompton chargé dans le coffre de sa voiture, nous partons à la découverte de la région. Bernard me demande de dire aux écolos de laisser les vaches patauger et boire dans les ruisseaux et les rivières, que de toute façon les sangliers et les chevreuils le feront et que nous n’en mourrons pas. Nous montons au mont Gargan. C’est magnifique, il y a une allée de hêtres biscornus qui mènent à une vieille chapelle. C’est là qu’à eu lieu une bataille gagnée sur les allemands par les maquisards. Bernard m’explique que nombre de paysans du coin se sont constitués de bonnes fortunes en récupérant les conteneurs largués par les américains.

Mont Gargan dans le Limousin

Mont Gargan dans le Limousin

Mémorial des résistants du mont Gargan

Mémorial des résistants du mont Gargan

Nous poursuivons notre route et Bernard tient à me montrer le moulin où est né son père. Il s’engage dans un chemin et il peine à le reconnaître tant la végétation a poussé et son état s’est dégradé. Nous ne faisons pas long feu car un panneau accueille les visiteurs avec un « Si vous me volez encore, la prochaine fois, je serai là et vous resterez sur le carreau.

Nous nous arrêtons ensuite à la Croisille, où l’ami de Bernard, est chanteur au sein du groupe Clody musette. C’est le fameux Bernard Jumeau, le tombeur de ces dames.

Au moment où nous arrivons il y a des danses traditionnelles animées par le club de danse du mont Gargan. C’est vraiment une bonne ambiance, les plus jeunes, entraînent les plus anciens, et cela me rappelle la soirée, il y a un an à Piégut-Pluviers lorsque je sillonnais déjà le Limousin avec l’Alter Tour. Bernard se plaît à les laisser croire que je serais sa nouvelle conquête.

Il voudrait ensuite m’amener dîner, mais j’ai besoin d’être seule et j’ai envie d’un bon plat de pâtes pour éviter les erreurs de la veille. Je rentre au camping.

  3Commentaires

  1. Sabine Ensslen   •  

    Bonjour,
    Tout à fait d’accord avec ton billet sur le Tour de France, c’est comme ça que je le ressens aussi, en tout cas lorsque j’étais encore parisienne.
    Installée depuis 3 ans en Corrèze, je confirme la joie des petites routes bucoliques, sauf …. pendant la période de la chasse, ou j’ai parfois la trouille et préfère renoncer au vélo et à la marche à pied.

     
  2. Anne-Lise   •  

    J’ai pourtant mis un commentaire critique sur le Tour de France, moi aussi, mais tout de même, passer à Saint Léonard de Noblat et ne pas chercher à voir Raymond Poulidor sur sa bicyclette… mais peut-être qu’il n’y habite plus ?

     
    • Marion   •     Auteur

      J’ai suivi son histoire à bourganeuf et entendu les récits de blandin dans son bar à lignac ! L’ami Bernard avait pédalé à ses côtés dans sa jeunesse.

       

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